04.12.2009
Musicologie
- « Tu saignes encore… »
- « Ha, merde ! »
- « Ne t’agite pas comme ça, c’est encore pire… »
- « T’as pas un autre mouchoir ? »
- « Si, tiens. »
- « Merci. »
- « C’est bizarre quand même… »
- « Quoi donc ? »
- « Ben, être lâche si souvent et se battre pour une connerie pareille… »
- « Une connerie pareille ? »
- « Ben quand même… »
- « Il n’avait pas le droit ! »
- « Il était jeune… »
- « Et alors ? Justement ! Quand on est jeune, on apprend, on n’ordonne pas. »
- « De là à le traiter de « résidu acnéique de capote déficiente »… »
- « Je sais, c’est plat, mais rien de vraiment blessant ne m’est venu à l’esprit… »
- « Et le coup de boite de conserve dans la gueule, c’était élégant ? »
- « Elégant non, efficace oui. »
- « Et pas disproportionné du tout… »
- « Disproportionné ?? Il l’a dit ou il l’a pas dit ? »
- « Il l’a dit… »
- « « Changez moi cette musique de merde ! » qu’il a dit ! »
- « Oui, je sais… »
- « On insulte pas Brassens dans les bars que je fréquente, c’est comme ça ! »
- « Oui, c’est ça. Et moi j’ai encore passé une bonne soirée… »
- « C’était « Le petit cheval » en plus… Putain, l’enculé, j’aurais dû le crever à coups de surin… »
16:41 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
26.11.2009
Pourrir dans un coin
Jamais le bocal ne lui avait semblé si minuscule, et se cogner régulièrement et violemment contre ses parois ne l’amusait même plus.
Les graines de nourriture délaissées dérivaient piteusement dans l’eau légèrement troublée par leur progressive décomposition.
Tout puait l’algue synthétique.
Il avait compris depuis bien longtemps que les visages aux sourires disloqués par le prisme du verre qui se collaient presque aux frontières de sa prison ne l’invitaient pas à les rejoindre mais se moquaient de lui et se plaisaient à le torturer.
Néanmoins, il voulait trouver au tréfonds de son corps las l’ultime force de se projeter à l’extérieur du bocal. Une fois tombé sur le sol, il profiterait des soubresauts de ses dernières secondes d’existence pour glisser sous un meuble d’où il pourrait empuantir des vapeurs de sa putréfaction cette grande pièce trop bien rangée où vivaient des ombres cruelles qui se réunissaient parfois en silence devant une boite lumineuse et bruyante qui ne s’éteignait jamais.
15:15 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Nouveaux monstres
François avait senti naître les plus grandes, et les plus légitimes, craintes quant à la tranquillité de son week-end familial lorsque, au bout du fil, son beau frère lui avait annoncé d’une voix enjouée :
- « Tu vas voir comme ton neveu a changé ! Il développe une belle personnalité… »
« Une belle personnalité »… François savait pertinemment ce que recouvrait une telle ridicule expression appliquée à un enfant de 2 ans. Un peu comme ces jeunes femmes qui pensent qu’être une salope se dit « avoir un caractère fort et complexe », l’expression annonçait un gosse capricieux, colérique et incontrôlable devant lequel il faudrait s’esbaudir pour ne pas risquer de compromettre le « projet éducatif » de parents aux yeux creusés et aux traits tirés par le grand bonheur d’accompagner le « développement » d’une si belle personnalité.
François devait donc maintenant trouver une habile justification pour annuler sa venue.
15:05 Publié dans Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Parce que l'on ne peut plus regarder "La fille du puisatier"
Il me semble presque trembler et j’essuie le plus discrètement possible une larme à la sincérité un peu ridicule. Mais est-ce le film qui étreint encore mon cœur comme au premier visionnage ou bien les bâillements ennuyés que j’entends et la vue des visages accablés qui m’entourent ?
Certes ils sont plus jeunes que moi mais parlent, comme moi, d’identité, de mémoire, de filiation, de culture, d’héritage… Mais ces mots n’ont plus le même sens dans leur bouche et dans la mienne.
Ce film ne leur dit plus rien, ne leur évoque rien, les « barbent » même au plus haut point. Les sentiments évoqués leurs paraissent grotesques, le monde représenté aussi lointain qu’un bas moyen âge, le jeu des acteurs caricatural, la narration trop lente, le nœud dramatique dérisoire…
Pour moi, ce long-métrage incarne très exactement tout ce que le mot « français » peut signifier… Un peu comme « La Grande illusion » fut si longtemps, avant le grand chaos de la déculturation télévisuelle et de la submersion migratoire, l’incarnation archétypale de cette « identité française » dont on nous rebat les oreilles à l’occasion d’un pseudo « débat » qui prend des allures d’autopsie…
Ces jeunes gens s’ennuient à mourir devant un film qui me remue les tripes.
A quoi bon continuer à leur parler ?
Ils ne sont pas de mon monde. Et tant mieux pour eux. Car le mien est mort.
10:42 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Repos
Si, au quotidien, certaines personnes s’abstiennent encore de faire le Mal ce n’est pas tant, bien souvent, par dégoût et rejet de celui-ci que par simple paresse car le Mal réclame, pour être vraiment efficace, plus d’efforts, plus d’ingéniosité, davantage de compositions et d’artifices souvent complexes et fatigants… Préventivement épuisés par ces perspectives, certains s’abandonnent alors plutôt à une passivité flasque qui si elle n’est évidemment pas le Bien, représente une sorte d’absence de mal qui finira bientôt par être hautement précieuse et louable tant le sadisme pervers et activiste s’est emparé du monde.
10:18 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19.11.2009
RAS
Au-delà de toute considération morale, cette époque est affligeante par son absence totale de surprise. Soirées, conversations, lectures, rencontres… tout y est attendu, convenu, connu, prévisible.
Pourtant on aimerait bien, par exemple, rien qu’une fois, qu’un homme de quarante ans quitte son épouse non pas pour une nouvelle compagne de 15 ans sa cadette mais une de 10 ans son aînée.
Mais non, bien sûr, toujours simplement le prurit de l’ego et de la braguette.
On aimerait bien aussi, parfois, voir un « film social » évoquant le drame du petit Eric, agressé et humilié quotidiennement sur le chemin de l’école par des racailles sadiques et ricanantes.
Mais non, toujours les affres de Djamila ou Mamadou, victimes perpétuelles de l’hideuse nation raciste qu’est la France, de sa police gestapiste, de ses employeurs discriminants et de ses beaufs alcooliques et xénophobes.
On se ravirait aussi d’entendre, un jour, une jeune femme dire qu’elle tient au droit à l’avortement mais que le génocide annuel de 260 000 fœtus pose néanmoins un certain nombre de problèmes, tant éthiques que sociétaux, sur lesquels il ne serait pas absurde ou criminel de se pencher calmement.
Mais non, toujours les éructations hystériques, les crachats de hargne à base de « Mon corps m’appartient ! » et de « Les hommes n’ont pas leur mot à dire sur ce sujet ! ».
On serait heureux également de croiser une jeune fille qui l’est restée sans faire de sa situation un complexe ou, à contrario, un étendard.
Mais non, toujours des fausses vierges donneuses de leçons, de vraies traînées ou des pucelles douloureuses et obsédées par ce qu’elles prennent pour un glorieux et infiniment méritoire sacerdoce.
On se pâmerait de surprise (et de joie !) si l’on croisait un « fana mili » ayant fait une vraie et belle carrière militaire, un lecteur de Bloy qui va tous les jours à la messe, un « réac » qui ne connaisse pas par leurs prénoms les « héros » de Secret story, une fille capable de dire du bien d’une autre plus jolie qu’elle, un jeune homme sachant dire non à une sollicitation sexuelle, des trentenaires attablés ne commentant pas les séries télévisées, une mère multi-divorcée qui admette n’être pas, malgré tout, « une super maman ».
Mais non.
17:55 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17.11.2009
Danger
La raison pour laquelle le téléphone portable est devenu un appendice aussi indispensable à l’homme moderne est tout simplement que l’individu dépourvu de cet appareil se trouve grandement menacé par le fascisme.
Exigence de ponctualité, nécessité de respecter les rendez-vous et les convenances, obligation d’un minimum de prévoyance et d’organisation pour ne pas se retrouver au bas d’un immeuble sans le digicode ou à la gare sans l’heure d’arrivée du train…. toute l’horreur d’un monde d’ordre, étriqué et carcéral, est là, angoissante épée de Damoclès suspendue au dessus de la tête des hommes à la liberté préservée par leur abonnement SFR 36 mois.
11:05 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16.11.2009
Le syndrome statistique
L’abyssale médiocrité des prétentieux se mesure assez bien dans cette recherche effrénée de l’approbation et de la confirmation par la « masse » -qu’ils sont pourtant sensés mépriser- des insignes qualités qu’ils s’attribuent.
Je suis belle « parce que » 350 blaireaux veulent me sauter et m’abreuvent de courriels à sous-entendus copulatoires.
J’écris avec talent « parce que » 500 semi illettrés me lisent quotidiennement.
Je suis « rebelle » parce quelques dizaines de geeks mongoloïdes m’accablent de menaces et d’injures.
Mes analyses sont pertinentes « parce qu’elles » sont reprises sur dix blogs qui ne savent pas comment meubler leurs mises à jour.
Je suis non-conformiste « parce que » j’écris chaque jour de longs billets dénonçant avec ironie et finesse les mécanismes et les représentations du « politiquement correct » contre lequel je ne me suis jamais concrètement engagé dans la vie réelle.
Je suis sulfureuse « parce que », entre deux considérations hautement philosophiques, la photo semi floutée de ma cuisse gauche suscite l’émoi baveux d’une armée de puceaux et de frustrés.
Je suis admiré « parce que » je suis référencé sur 120 sites entre « Petit lapin bleuté » et « Réflexions génocidaires sur le monde qu’est trop pourri ».
Je suis quelqu’un « parce que » je génère des « clics ».
Et ça c’est cool.
11:22 Publié dans Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12.11.2009
Génocide
Qui rendra des comptes pour toutes les jeunes femmes ravagées, détruites, assassinées à coups de "Psychologie Magazine"?
15:13 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
10.11.2009
Bouffarde
- « Tu fumes la pipe maintenant ? »
- « J’essaye. »
- «Ha oui, je comprends. En fait, chez toi, la tabagie est une sorte de quête identitaire… »
- « Voilà, c’est ça. »
- « Ca te fait une drôle de tête… »
- « Plus que d’habitude ? »
- « Un autre genre… Et c’est quoi comme tabac ? »
- « De l’Amsterdamer. »
- « C’est pas un truc d’ado ça ? »
- « C’est sûr que c’est pas aussi viril que les marlboro light… »
- « Marlboro doré ! »
- « Encore mieux. »
09:22 Publié dans Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09.11.2009
Une épouse
Adrien, fatigué par une nouvelle journée constituée de cette somme de petites contrariétés qui ne fait pas un gros souci mais qui finit par mettre lentement les nerfs à vifs, était assis sur le canapé et pestait contre lui-même.
Il n’avait pas été gentil avec Caroline et détestait cela.
Un mouvement d’humeur, une phrase lâchée comme on donne un coup de pied rageur dans un caillou, des mots auxquels on n’a pas réfléchit mais que l’on sait blessants et qui précédent la pensée pour se précipiter hors d’une bouche un instant laissée hors de la surveillance du cœur.
Bref, une bêtise. Et Adrien n’aimait pas être bête. C’est une chose bien trop commune.
Bien sûr, il aurait pu s’excuser mais il n’avait jamais su le faire. Avec des mots en tout cas.
Caroline, sans dire un mot, s’était retirée dans la cuisine. Pas pour faire la tête, pour « bouder » mais pour préparer le café qu’elle rapporta bientôt sur un grand plateau écarlate et fumant doucement déposé au centre de la table basse jouxtant le canapé.
Elle s’assit ensuite aux côtés de son mari et posa sa tête sur l’imposante épaule d’Adrien qui ne pût retenir un sourire de soulagement, de plaisir, et de fierté d’avoir épousé une femme si remarquable qu’elle lui épargnait même le douloureux abaissement de la reconnaissance de ses fautes. Il saisit la main de Caroline, y déposa un rapide baiser puis se précipita sur sa tasse pour masquer le trouble d’une virilité débordante confrontée à un excessif accès de sensibilité.
Ils burent leur café en échangeant de cruelles moqueries sur les invités de ce soir qui avaient meublés durant plus de deux heures leur intérieur d’un flot ininterrompu de stupidités conformistes et de platitudes satisfaites.
Cela faisait des années que les deux époux étaient là, binôme solitaire perdu au milieu des flots tourmentés mais insipides d’une époque dont ils n’étaient pas vraiment et qu’ils saisissaient de moins en moins bien. Suscitant l’exaspération de certains et l’incompréhension de beaucoup, ils étaient le point fixe d’un paysage trouble et mouvant au sein duquel les êtres vont et viennent au grès de ce qu’ils prennent pour leur « désir » mais qui n’est jamais, au bout du compte, que la recherche perpétuelle de la facilité.
Ne se complaisant dans aucune des mises en scènes qui font le sel des ces collages temporaires, bruyants et égotiques qu’on appelle couples modernes, ils vivaient dans la tranquille certitude de leur foi et de leur promesse, lumineuses clartés renforcées au quotidien par ce sentiment honni des médiocres : l’admiration réciproque.
Leurs jours s’écoulaient en effet dans le souci permanent de ne pas décevoir l’autre, de ne pas trahir l’idée qu’ils se faisaient l’un de l’autre. Cette idée, un peu plus grande qu’eux mêmes, les contraignaient à une constante tension vers le haut.
Ils discutaient beaucoup ensemble mais n’avaient pas pour autant peur du silence, ils ne criaient, ne hurlaient jamais, s’épargnant ces ersatz de passion que sont les drames domestiques.
L’idée de se plaindre à autrui de leur conjoint les aurait gravement insultés et ils réservaient leurs états d’âmes à la confidentielle obscurité de leur chambre à coucher.
Caroline, peut-être encore davantage qu’Adrien, déroutait les regards extérieurs tant elle semblait une somme de contraires qui auraient dû produire un impossible chaos mais avait fait naître une étonnante rigueur.
Folie et bonne éducation, violence et gentillesse, tradition et excentricité, fierté et humilité… tout se mêlait en un improbable équilibre chez cette jeune femme dont les petits yeux myopes et rieurs déstabilisaient les convictions misogynes les plus solidement établies.
Evidemment, elle n’était pas exempte de défauts mais avait cette élégance, exceptionnellement rare de nos jours, de ne pas les cultiver ni de prétendre en faire des objets de fierté.
Les vilénies et les difficultés atteignaient le couple comme elles touchent tous les vivants, menaçant même parfois de les faire vaciller, mais à tout instant l’un pouvait s’appuyer sur l’autre, l’autre compensant un moment la déroute de ses propres forces afin d’atténuer le tangage et éviter le chavirement.
15:48 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Amusement facile
- « Bonjour, je débute dans la pipe et j’aimerais quelques conseils… »
- « Et bien, vous êtes au bon endroit, nous sommes dans la pipe depuis 1895 ! »
- « On peut dire que vous êtes LE spécialiste parisien de la pipe. »
- « On peut le dire en effet. »
- « Je vous écoute donc… »
- « Si c’est votre toute première pipe, je vous conseillerais de commencer par une demi-courbée… »
- « Une demi-courbée ? »
- « Oui, ainsi elle repose sur le menton et facilite la prise en bouche. »
- « Fascinant. C’est mieux que la droite ? »
- « Pour un débutant certainement. La droite est plus agressive et nécessite une assistance manuelle permanente. Avec la demi-courbée vous gardez les mains libres tout en tirant sans difficulté. »
- « Et sinon pour l’entretien ? »
- « Le curetage c’est fondamental. Certains enduisent le conduit de miel pour accélérer le curetage mais personnellement c’est une pratique que je n’encourage pas. »
- « Et la pipe de base c’est combien ? »
- « Pour 50 euros vous avez une pipe très convenable, avec une finition soignée. »
- « Bon, je vais prendre ça. »
- « Vous ne le regretterez pas ! Pipe un jour, pipe toujours ! »
- « Je n’en doute pas. »
11:24 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08.11.2009
Tendance fashion chez l'intellectuel catho: les mitaines d'intérieur
On pouvait naïvement croire que le travail intellectuel et la production intensive d'articles et d'ouvrages nourris des réflexions les plus élevées, et souvent les plus componctieuses, sur l'histoire et le devenir de la pensée et de la civilisation occidentales préservaient des ridiculités adolescentes de la mise en scène de soi par des accessoires vestimentaires.
On se trompait.
11:20 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
06.11.2009
Rongé par la haine
Les racailles qui donnent des coups de pieds à un bébé de 14 mois ne sont pas rongées par la haine, leurs copines qui se lancent le même bébé « pour jouer » ne le sont pas plus, les petits voyous qui se filment jouant au foot avec un chat vivant ne sont pas non plus rongés par la haine, ceux qui violent à dix des gamines de 12 ans dans les caves ne le sont pas davantage et ceux qui jettent des boules de pétanque sur les flics encore moins.
Ce sont des gens « en souffrance psychologique et sociale. »
Par contre, François, lui, est rongé par la haine. Jusqu’au trognon même.
Parce que, hier, au dîner, la conversation s’étant égarée sur le prétendu « débat sur l’identité nationale », il a dit qu’il éprouvait de très importantes difficultés à ressentir une réelle solidarité nationale avec des individus qui, bien qu’ayant la même carte d’identité que lui, ne partagent ni son histoire, ni sa religion, ni sa culture, ni même sa langue.
Et pour tenir de tels propos, il faut vraiment être rongé par la haine.
D’ailleurs, comme l’avait fait remarquer une invitée, « on sait où mène ce genre de raisonnements ! ».
« A Auschwitz ! » avait cru bon d’hululer une autre convive, en manquant de s’étrangler avec son pain au sésame bio, au cas où tout le monde n’aurait pas bien compris le propos.
Le maître de maison avait alors apaisé l’assemblée révoltée en déclarant que, de toute façon, le seul lien qui importait était la conscience de l’appartenance commune à une même humanité.
Et tous ces braves francaouis diplômés CSP+ mariés à de braves francaouis diplômées CSP+ en étaient farouchement conscients.
15:41 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Bribe de conversation
- "Tu sais, il y a encore de la place dans mon coeur..."
- "Oui. Trop..."
- "J'ai le coeur trop grand?"
- "Non, tu accordes simplement un trop petit morceau à chacun..."
15:08 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Parisiens
- « 8 euros 50 une salade verte, franchement c’est une blague ! »
- « Un fou rire vaut un bon steack. De quoi vous plaignez-vous ? »
15:06 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05.11.2009
Evasion
Langue pendante, appuyé avec vigueur sur ses pattes arrière qui tremblaient légèrement, le chien expulsait son excrément au milieu du trottoir. Au bout de la laisse, une connasse entre deux âges, genre jouisseuse fatiguée et pré-ménopausée, feignait la désinvolture et regardait ailleurs.
- « Je lui balancerais bien un cailloux… » marmonna François.
- « A ton âge, on ne lance plus de pierres aux chiens… » rétorqua Amandine, déjà agacée.
- « Je ne parlais pas du clébard… » poursuivit François dans un demi sourire.
- « Oh écoutes, ne commences pas… tu sais très bien que tu ne feras rien du tout alors épargne moi tes conneries s’il te plaît… » conclut la jeune fille dans un haussement d’épaules.
Vexé par la vérité ainsi assénée, François alluma une cigarette et décida de bouder jusqu’à l’arrivée du taxi. Quelques minutes pour essayer de se souvenir de l’endroit où il avait égaré ses couilles…
Mais la réflexion fut de trop courte durée pour résoudre l’énigme et le couple s’engouffra dans le break Audi conduit par un grand noir étrangement chevelu qui interrogea son GPS pour trouver la place de l’Opéra.
- « Vous êtes nouveau dans le coin vous non ? » se permit d’interroger François.
- « Pourquoi dis-tu cela ?! » s’écria presque Amandine subodorant une remarque à connotation ignoblement xénophobe voir raciste.
-
François, décidant de replonger dans le silence, se lança alors dans la comptabilité de la soirée : 1 heure 30, au bas mot, de théâtre, plus au minimum la même chose de resto, le tout pour, disons, 20 à 30 minutes de « proximité charnelle », bisous à la con inclus.
C’était maigre. D’autant que s’il picolait consciencieusement au cours du repas - ce qui était quasiment inévitable pour supporter les considérations de sa commensale sur le monde « qui est certes injuste mais ca sert à rien de se lamenter » suivies d’une étude comparative des prix des séjours à Saint Domingue - le fiasco physiologique n’était pas à écarter.
Alors, profitant de l’arrêt à un feu rouge de la rue de Rivoli, il se précipita à l’extérieur du véhicule et se mit à courir comme un damné.
Il pleuvait maintenant à torrents et François en était satisfait.
10:58 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
04.11.2009
Voyeur
Un demi corps surgissant d’une fenêtre, des bras qui se déploient pour saisir les planches de bois ou les éventails métalliques qui vont bientôt isoler cette silhouette du reste du monde… j’aime regarder les gens qui ferment leurs volets.
Derrière ces persiennes closes, j’imagine sottement une cheminée chargée de bûches incandescentes. Devant elle, deux enfants jouent aux dominos sur un épais tapis de laine tandis que Papa lit le journal en le commentant et que Maman, s’escrimant sur son tricot, sourit des énervements de son mari.
Je sais bien que cette vision n’est pas seulement niaise et grotesque mais qu’elle est aussi odieuse, dégradante, réactionnaire et inadmissible.
Je sais bien qu’une femme est incomparablement plus libre, plus épanouie et plus digne derrière un écran d’ordinateur à consulter son blog et son compte meetic ou derrière un bar à vider des mojitos à 2 heures du matin que dans une cuisine derrière des casseroles fumantes ou dans un parc derrière une poussette.
Je sais aussi qu’un homme ne peut être satisfait que s’il est stimulé par les sonneries de ses trois téléphones portables, travaillé par l’ambition et l’envie et persuadé de mériter beaucoup plus et mieux que ce qu’il a.
Je sais enfin que les enfants ne jouent plus aux dominos, que les garçons massacrent au lance-flammes des extra-terrestres sur console vidéo et que les petites filles se maquillent pour leurs soirées karaoké spécial Britney Spears.
Je sais tout cela. Il n’empêche. J’aime regarder les gens qui ferment leurs volets et imaginer autre chose que ce qui est.
10:12 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
03.11.2009
Une vaniteuse manière de n'être rien
« L’individu, vous savez tous ce que c’est par expérience. L’individu c’est le dernier produit d’une société qui devient stérile, c’est l’être humain tombé de la plénitude de l’homme dans l’exiguïté du moi, c’est le nain arrogant, l’avorton prétentieux qui, toujours content de soi, n’est jamais content des autres, qui, restant toujours isolé sans être capable de vivre seul, à la fois dissident et dépendant, est l’atome d’une foule au lieu d’être l’élément d’un peuple. L’individu vit perpétuellement dans un état de désertion sociale. Il prétend être entretenu par une société qu’il n’entretient pas, il demande sans apporter, il voudrait tout recevoir sans rien donner et, dans une société décomposée, il représente un abaissement et une déchéance qui se retrouvent à travers toutes les classes. Il ne fait ses preuves que par des paroles, au lieu de les faire par un acte ou par un travail. Il est l’homme qui n’a plus que des attitudes négatives, très satisfait de soi-même parce qu’il dit non à tout, sans s’apercevoir qu’ainsi tout se fait sans lui. »
Abel Bonnard
14:01 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
30.10.2009
Un jour je vis le sang couler de toutes parts
Un jour je vis le sang couler de toutes parts ;
Un immense massacre était dans l'ombre épars ;
Et l'on tuait. Pourquoi ? Pour tuer. Ô misère !
Voyant cela, je crus qu'il était nécessaire
Que quelqu'un élevât la voix, et je parlai.
Je dis que Montrevel et Bâville et Harlay
N'étaient point de ce siècle, et qu'en des jours de trouble
Par la noirceur de tous l'obscurité redouble ;
J'affirmai qu'il est bon d'examiner un peu
Avant de dire En joue et de commander Feu !
Car épargner les fous, même les téméraires,
A ceux qu'on a vaincus montrer qu'on est leurs frères,
Est juste et sage ; il faut s'entendre, il faut s'unir ;
Je rappelai qu'un Dieu nous voit, que l'avenir,
Sombre lorsqu'on se hait, s'éclaire quand on s'aime,
Et que le malheur croit pour celui qui le sème ;
Je déclarai qu'on peut tout calmer par degrés ;
Que des assassinats ne sont point réparés
Par un crime nouveau que sur l'autre on enfonce ;
Qu'on ne fait pas au meurtre une bonne réponse
En mitraillant des tas de femmes et d'enfants ;
Que changer en bourreaux des soldats triomphants,
C'est leur faire une gloire où la honte surnage ;
Et, pensif, je me mis en travers du carnage.
Triste, n'approuvant pas la grandeur du linceul,
Estimant que la peine est au coupable seul,
Pensant qu'il ne faut point, hélas ! jeter le crime
De quelques-uns sur tous, et punir par l'abîme
Paris, un peuple, un monde, su hasard châtié,
Je dis : Faites justice, oui, mais ayez pitié !
Alors je fus l'objet de la haine publique.
L'église m'a lancé l'anathème biblique,
Les rois l'expulsion, les passants des cailloux ;
Quiconque a de la boue en a jeté ; les loups,
Les chiens, ont aboyé derrière moi ; la foule
M'a hué presque autant qu'un tyran qui s'écroule ;
On m'a montré le poing dans la rue ; et j'ai dû
Voir plus d'un vieil ami m'éviter éperdu.
Les tueurs souriants et les viveurs féroces,
Ceux qui d'un tombereau font suivre leurs carrosses,
Les danseurs d'autrefois, égorgeurs d'à présent,
Ceux qui boivent du vin de Champagne et du sang,
Ceux qui sont élégants tout en étant farouches,
Les Haynau, les Tavanne, ayant d'étranges mouches,
Noires, que le charnier connaît, sur leur bâton,
Les improvisateurs des feux de peloton,
Le juge Lynch, le roi Bomba, Mingrat le prêtre,
M'ont crié : Meurtrier ! et Judas m'a dit : Traître !
Victor Hugo
15:58 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Rimini
15:44 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Misère du défoulement
A chaque fois que quelqu’un poste un « commentaire » sur internet, il devrait se demander s’il emploierait les mêmes termes et le même ton en face de la personne à laquelle il s’adresse ou, pire encore, dont il parle sans qu’elle soit même présente.
Il me semble en effet inutile d’ajouter la lâcheté au triptyque de la bêtise, de la hargne et de la méchanceté.
Mais il est vrai que les français ont toujours eu une appétence particulière pour la délation et l’invective anonymes.
Les matamores du clavier, dernière espèce tragi-comique de la comédie humaine.
15:37 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Droite?
13:57 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Le chemin
95 pour cent des gens qui s'affirment catholiques ne le sont pas. Au début on s'en étonne, mais finalement c'est assez logique car s'ils l'étaient vraiment, les autres s'en rendraient compte sans qu'ils aient besoin d'en faire la publicité.
13:39 Publié dans Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
29.10.2009
Une semaine de phrases à la con
- « T’as un regard vachement intrusif, j’ai l’impression que tu me dissèques, presque que tu me violes… »
- « Y’a un moment, tu dois borner ta négativité, sinon on va pas s’en sortir ! »
- « Critiquer la télé, c’est facile. T’as qu’à faire ta propre chaîne de télé ! »
- « Tu serais pas aussi facho, on pourrait croire que t’es de gauche. »
- « Le théâtre c’est bien, mais c’est artificiel. »
15:01 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Interlude
La chaleur s’alliait maintenant à la fatigue pour écraser les derniers kilomètres de la marche.
Frederico avait ôté son t-shirt afin de faire admirer sa musculature travaillée à la salle de sports mais son exhibition n’eut guère de succès, les regards de la petite troupe étant plus préoccupés de surprendre d’hypothétiques champignons sur les bas côtés du chemin.
Les enfants courraient devant et semblaient ne jamais devoir être épuisés.
François, lui, commençait à sérieusement tirer la langue mais il tentait de masquer ses difficultés par un bavardage permanent placé sous les auspices de Vincenot et du nécessaire retour à la terre. En attendant ce salutaire sursaut néo-rural, il crachait salement ses cigarettes et ses vodkas-campari.
Le colonel fermait la marche, piquant à intervalles réguliers les fesses de sa belle-sœur avec son bâton de marche pour que le rythme de l’ascension ne fléchisse pas trop.
L’objectif, ce majestueux calvaire planté au milieu de la rocaille et des crottes de pottocks séchées, apparut à la sortie d’un lacet du sentier.
Les sourires s’épanouirent un peu plus et l’on pressa le pas. La saucisse sèche et les fromages de brebis commençaient à danser au fond des sacs.
On atteignit bientôt, à quelques mètres de la croix gigantesque régnant sur le lieu, une zone herbacée épargnée par les déjections animales et le signal du déjeuner fut donné. Certains s’effondrèrent dans de grands soupirs de soulagement tandis que d’autres proposèrent, pour la forme, de « pousser un peu plus loin » avant de s’asseoir à leur tour sous les lazzis et les fulminations des premiers.
Une bouteille fut débouchée, le repas pouvait commencer.
On n’avait pas accompli un extraordinaire exploit sportif, les conversations n’allaient pas révolutionner la philosophie occidentale, on ne prenait pas de photos travaillées et artistiquement floues pour nourrir un blog, on ne voulait rien expliquer, rien démontrer… Assis sur des cailloux arasés par le vent, au milieu de l’immensité montagneuse, on mâchouillait des sandwichs en regardant les visages d’êtres aimés.
Etre simplement bien, quel curieux sentiment…
09:58 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Fin de soirée
- « Comme dit l’autre « J’ai une tête d’anarchiste mais un cœur de légionnaire » »
- « Si tu veux mon avis, t’as surtout une tête de con. »
- « C’est dur ce que tu me dis là. »
- « Oui, mais c’est pas faux. »
- « C’est dur quand même. »
- « Ben, ça m’empêche pas de te payer un verre. »
- « Alors ça va. »
09:38 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27.10.2009
Conversation amoureuse 2.0
- « Aïe ! »
- « Quoi ? »
- « Ben tu me fais mal ! »
- « Mal ? »
- « Ben oui… »
- « Ha bon… ? comment ? »
- « Je sais pas… Je suis peut-être un peu sèche… »
- « Pourquoi t’es sèche ? »
- « Ben ça arrive… »
- « T’as pas envie ? »
- « Si… C’est pas ça… »
- « Ben c’est quoi ? »
- « Ca arrive je te dis… »
- « On arrête ? »
- « Mais non ! T’as pas du gel ? »
- « Pardon ? »
- « Du gel… »
- « Heu non… »
- « Ben autre chose... je sais pas... de l’huile… »
- « C’est une blague ? »
- « Olala mon pauvre, t’es vraiment pas dégourdi… »
16:15 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24.10.2009
Dix de der
François aimait beaucoup jouer aux cartes. Mais cela le rendait méchant. Odieux même. Il aurait insulté sa propre mère si celle-ci avait mal compté les atouts ou relancé hasardeusement.
De ses années lycéennes et estudiantines, il avait tiré la certitude d’être un bon joueur de cartes, simplement parce que ses camarades, effrayés par ses colères furieuses et irrationnelles, avait pris l’habitude de le laisser gagner. Depuis lors, son orgueil sourcilleux ne supportait plus que quiconque remette en cause ses talents d’escrimeur du tapis vert, un peu comme ces autres connards qui entrent littérallement en transe lorsque l’on ose critiquer leur façon de conduire.
D’un naturel discret voir effacé, François perdait tout sens de la bienséance et de la mesure quand il s’agissait des cartes. A trop avoir hurlé que ses adversaires avaient « une veine de cocus », il s’était attiré l’animosité de la plupart des compagnes de ses amis et n’était désormais plus guère invité que chez les autres célibataires. Il s’en foutait d’ailleurs royalement, y voyant plutôt la confirmation de ses suppositions.
François méprisait le poker, mode de beaufards américanisés, vénérait la belote, jeu populaire et réjouissant, et jouait au whist, parce qu’il trouvait cela délicieusement suranné.
Seul problème, le milieu des amateurs de whist s’accommodait mal de ses accès d’hystérie et des tombereaux d’injures qu’il déversait ordinairement sur partenaires et adversaires.
Peu à peu, François avait donc mis au point une méthode pour jouer seul au whist.
Assis au fond d’un café de la rue Monge, il passait ainsi des heures en des parties endiablées contre lui-même. Se connaissant fort bien, la compétition était particulièrement acharnée, les invectives qui la ponctuaient effroyablement blessantes.
On le prenait pour un fou, parfois pour un artiste et une chaîne de télévision locale avait même voulu faire un « reportage » sur lui car il était devenu un « personnage » du quartier.
Alors François avait pris ses cartes et son imper de marine et s’en était allé dans un autre café, plus discret et plus miteux, afin qu’on le laisse jouer en paix.
18:29 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22.10.2009
Restauration
La goutte de vin coula le long du goulot avant de venir s’écraser à quelques centimètres de la main du trentenaire en costume cintré qui dînait avec deux brunes amies à la petite table ronde au fond de la salle.
Contemplant l’éclat vermillon et irisé qui souillait dorénavant la blancheur de la nappe, je jeune homme donna un petit coup de poing sur la table et, s’adressant à Alban sans le regarder, rugit d’une voix excédée :
- « Vous pourriez faire attention tout de même ! »
Alban s’excusa, balbutiant quelques mots déférents que les trois convives n’écoutèrent même pas, l’une des jeunes filles se bornant à lever les yeux au ciel.
En s’éloignant, Alban entendit les petits rires étouffés qui lui poignardaient l’épine dorsale.
- « C’est le problème des établissements « milieu de gamme », le service, c’est souvent n’importe quoi… ce ne sont pas des gens du métier… » expliqua le jeune homme aux deux portables déposés à côté de la serviette en goûtant le vin dont il avait renvoyé la première bouteille afin de bien faire la démonstration de sa qualité de connaisseur en la matière.
Servir n’était en effet pas le métier d’Alban qui, passionné de mécanique, aurait voulu devenir garagiste. Mais un conseil d’orientation en avait décidé autrement, convainquant ses parents qu’une filière professionnelle serait « du gâchis » et qu’il avait les « facultés » pour suivre des études générales. Alban avait donc végété, entre ennui et bachotage, jusqu’à obtenir une licence de lettres modernes qui l’avait conduit au chômage puis à la précarité.
Effrayé par la passivité avec laquelle ses condisciples se retrouvant dans la même situation acceptaient celle-ci, s’enfonçant sans réaction dans l’assistanat et le parasitisme, il avait recontacté de vieux camarades, leur demandant de lui « trouver un boulot, n’importe lequel. »
Il se retrouvait donc ce soir, un plateau à la main, au milieu d’une salle presque comble, dans un costume sombre aux manches un peu trop courtes qui peinait à masquer son origine Emmaüsienne.
Quand Alban s’approcha à nouveau de la table du jeune cadre et des deux jeunes filles à mèches sur l’oeil, il était déjà presque terrorisé par l’aisance agressive de cet homme en représentation devant sa cour qui semblait l’avoir choisi comme faire valoir de sa séance du jour.
- « Si vous y arrivez, vous nous apporterez une autre bouteille de vin... » lui ordonna le bellâtre accompagné des sourires carnassiers des deux publicités pour Zara qui semblaient attendre avec gourmandise la prochaine maladresse de ce garçon mal coiffé qui commençait à sentir la transpiration.
Alban apporta le nouvel opus de Saint Emilion qu’il déboucha et servit en se mordant les lèvres pour mieux se concentrer. Une goutte échappa malgré tout à sa vigilance, traversa l’étiquette et mourut au pied de la bouteille.
- « A ce niveau, c’est du domaine du handicap… » ricana le responsable marketing de chez Apple, allumant une petite lueur dans le regard de ses commensales dont les hormones commençaient à être titillées par cette démonstration de pouvoir et cette ébauche d’humiliation.
- « Cette entrée est froide » enchaîna le costume Boss voulant pousser son avantage et transformer l’essai.
- « Après avoir passé un coup de déo, vous me changerez ça ! » poursuivit-il, les deux rimmel/crème de jour portant leur main à la bouche pour masquer un éclat de rire.
Alban s’éclipsa sans dire un mot puis revint quelques minutes plus tard et déposa la nouvelle assiette sur la table.
Au milieu de celle-ci trônait un magnifique étron dégageant une odeur pestilentielle.
Hugo Boss en promo, rabais de trente pour cent sur la collection automne/hiver, n’eut pas le temps d’articuler une seule parole, Alban le saisit par sa tignasse luisante de gel et lui écrasa la gueule dans l’infâme déjection. Les deux jeunes filles hurlaient hystériquement et réclamaient avec force grand gestes qu’on appelât la police !
De sa main libre, Alban déboutonna sa braguette et inonda bientôt ces décolletés hargneux de son urine prolétaire.
Il ne faut pas insulter les pauvres gens.
16:28 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



