26.02.2009
Folle
- « T’as vu la gueule de son nouveau mec ?? Il doit être bourré de thunes, y’a pas d’autre explication… »
L’exclamation glapissante fait tourner la tête de la presque totalité des clients du bar.
Comment est-ce possible ? Comment ce thon absolu, cette pouffe adipeuse boudinée dans ses ersatz de fringues à la mode version marché d’Ivry peut-elle sans honte et à haute voix se permettre un quelconque jugement sur le physique d’autrui ?
Comment une pareille inconscience de soi, une absence si absolue de sens du ridicule sont-elles possibles ?
Est-ce une provocation ? Une sorte d’exorcisme ?
Voilà l’un des nombreux mystères du quotidien.
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Avoir un bon copain
Il est toujours gênant, dans une discussion, de ne pas saisir les références évoquées et de méconnaître les auteurs cités. Mais ce qui est simple blessure d’orgueil dans une conversation sociale devient douleur intime quand il s’agit d’échange avec un ami.
N’est pas tant pénible le constat (récurrent) de son insigne inculture et des limites étriquées de son intelligence que la crainte d’apercevoir dans l’œil ami la lueur de la déception, éclair autrement plus blessant que l’explosion de jouissance satisfaite que provoque la même situation chez le fat ou la banale connaissance.
Ne pas être à la hauteur, seule grande crainte de l’amitié.
19:09 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19.02.2009
Le complot s'étend...
Je soupçonne fortement les tenants du grand complot mondial (ceux qui ont des gros chats angoras sur les accoudoirs de leurs fauteuils en cuir) de subventionner grassement les "anti-système" pour s'assurer la prorogation infinie de celui-ci.
La tactique est toujours la même, prendre un chose insignifiante ou simplement communément navrante, et jeter les "antis" sur elle. Ceux-ci se font alors un devoir de donner, par leurs dénonciations enflammées ou leurs loghorrées sarcastiques, une importance imbécile à ce machin devant lequel toute personne normale devrait simplement passer en haussant les épaules. Excellent moyen évidemment de détourner l'attention des sujets importants mais souvent plus ardus, dangereux ou fatiguants à manipuler.
Dans cette catégorie, les hystéros "anti Saint Valentin" rejoignent dorénavant les hululeurs "anti Halloween" qu'accompagnent joyeusement les courageux croisés "anti anti-tabac"...
Après réflexion, il n'est pas certain qu'il soit utile de stipendier ces iditios utiles. Leur promettre des certificats "d'anti-conformisme" ou des médailles en chocolat pour hauts faits de rebellitude doit suffire amplement.
Et le fait qu'ils finissent par être suffisamment nombreux pour former des "communautés" se réunissant pour s'auto-congratuler de leur magnifique et folle originalité ne leur mettra même pas la puce à l'oreille.
17:13 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Quand les crétins s'attaquent au politiquement correct
Au prétexte que l’on n’aurait désormais « plus le droit de rien dire », il serait devenu glorieux et courageux de dire n’importe quoi.
Comme une certaine intelligentsia se complait à moquer et dénigrer tout ce qui est « franchouillard » et « souchien », la posture du beauf raciste serait dorénavant un acte de résistance et de bravoure.
Face à l’imposition hystérique de la « diversité » et au culte de « l’égalitarisme », le goût de l’entre-soi friqué se serait mué en « attitude aristocratique ».
Sous la menace de la tyrannie fantasmée de Bernard Thibault et de Sud Rail, il serait devenu urgent de réhabiliter Thiers et Margareth Thatcher.
D’ailleurs la haine compulsive qui s’est emparée des milieux droitiers lors de « l’affaire Coupat » ne lasse pas de faire penser aux bordées d’injures et de crachats déversés par les Versaillais sur les prisonniers de la Commune. Bien sûr Coupat n’est pas Louise Michel, mais vu le niveau de l’époque, il ne faut pas non plus trop en demander…
D’ailleurs, ce que les néo-versaillais reprochaient le plus à Coupat, ce n’est pas tant ses hypothétiques sabotages, ni son mode de vie alternatif, mais le fait qu’il ait prétendu trahir sa classe. Ce qu’on ne pouvait lui pardonner, c’était d’être un « fils à papa » qui « crachait dans la soupe », c’est à dire qui ne se contentait pas de profiter douillettement et silencieusement du fait d’être né le cul dans la soie comme eux le font avant tant de plaisir, d’aisance et de bonne conscience (puisque, vous l’avez compris, c’est devenu un « acte de résistance » face aux salauds de pauvres et autres parasites d’écologistes et compagnie…).
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17.02.2009
Etudes Rebatiennes
15:25 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16.02.2009
Week-end édifiant
Clara aime Max. Mais J.P, le meilleur ami de Clara, aime aussi Max. Car J.P est pédé. Donc sympa, sensible et généreux. Alors, forcément, c’est super dur pour Clara de choisir entre son amoureux et son ami. Ils essayent bien un truc à trois mais se rendent bien compte (putain de société bourgeoise !) que ça n’a pas d’avenir.
Clara cède alors à son amour. Parce que, je veux dire, faut quand même toujours écouter son coeur et mieux vaut vivre avec des remords qu’avec des regrets comme disait Patrick Bruel.
Le pauvre J.P, fou de tristesse, va donc noyer son infini chagrin dans une boite gay dont il repart avec Franck. Un bon vieux récurage de l’anneau, rien de mieux pour tenter d’oublier l’amour de sa vie.
Le matin, c’est Marie, la petite fille de Franck, qui réveille J.P en lui demandant si c’est lui « le nouvel amoureux de papa ». Le fait qu’elle ait assisté ou participé aux ébats n’est pas précisé. Restons familial quand même…
Clara, de son côté, se sent de plus en plus mal et va demander conseil à son patron, avec qui elle a évidemment couché (ça facilite le dialogue social), mais celui-ci, putain, « ne peut pas régler ses problèmes à sa place. »
Alors Clara angoisse grave, d’autant plus qu’elle se découvre enceinte de Max mais que Max s’est finalement rendu compte qu’il préférait J.P…
Cela s’appelle « Clara Sheller » et c’est le « grand succès » de la fiction française sur le « service public ». Un succès si important que de nouvelles « saisons » sont en cours de préparation…
- « Personne n’est obligé de regarder ! » s’exclame alors quelqu’un au second rang, un mec cool qui pense que « chacun fait ce qu’il veut. »
Et ben non, justement, tête de con. L’aliénation, ça te dit quelque chose ?
Tout le monde n’est pas né avec un Pléiade dans le cul et la perspective des dix ans d’études, de lectures et de fréquentations nécessaires à la libération télévisuelle.
Alors toi, cela te suffit peut-être de mépriser gentiment les cohortes de lobotomisés qui applaudissent ce genre de sous-merdes, sans te sentir pour autant obligé de haïr et de vouloir pendre les infâmes cornacs de ce troupeau pathétique qui s’enrichissent à millions en le nourrissant de la plus infecte et débilitante des bouillies, mais ce n’est pas par « relativisme » ni par « respect des goûts et couleurs de chacun » mais simplement parce que tu te délectes de ta position de privilégié culturel, moins en vogue, il est vrai, dans la France Sarkozyste de 2008 que par le passé, mais qui conserve malgré tout ses petits avantages, plaisirs et satisfactions.
16:48 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13.02.2009
Routine
Balancer un manuscrit à la gueule d’un éditeur à la con, trentenaire beaugosse en polo Eden Park que l’on décrira en gargouille ventripotente tendance Daumier dans un futur article bien vengeur et, par là, bien mesquin… Insulter la secrétaire juste parce qu’elle a une tête à ne pas vouloir coucher avec vous… Puis, gonflé du suc de cette belle mise en scène, aller faire la seule chose que l’on apprécie vraiment : se saoûler et changer le monde entre braves types glorieux et pitoyables qui aiment trop la vie pour vraiment aimer leur temps.
15:02 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
10.02.2009
Loi
Fascinant… Jamais je n’aurais entendu une fille ne dire que du bien d’une autre, même, bien entendu, s’il s’agit de sa « meilleure amie » (expression d’ailleurs passablement désopilante lorsqu’on la passe au tamis du réel et surtout si on la compare à la plus banale des camaraderies masculines qui la dépasse déjà de trois coudées…).
Encore cette fois…
- « Oui c’est vraiment une fille géniale… »
J’entends le « mais » qu’elle n’a pas encore prononcé.
En l’occurrence le « mais » est le classique conseil qui se veut maternel et empathique quand il n’est que fielleux et méprisant.
- « Elle ne devrait pas autant se maquiller, cela ne lui va pas super bien… »
Une respiration longue comme un soupir, puis :
- « C’est dommage, elle est si jolie au naturel… »
Traduction : « Ok, cette salope est peut-être mieux gaulée que moi mais elle se maquille comme une pute. »
A cet instant, il suffit de gratter très légèrement le vernis pour qu’il cède totalement.
On peut dire par exemple :
- « Tu sais, j’ai connu des filles en tailleur strict et queue de cheval plus vulgaires que beaucoup de pots de peinture… »
Et là, c’est immanquablement parti…
- « Oh, ben, s’il n’y avait que le maquillage…. »
Les vannes sont alors ouvertes et au bout de quelques instants, même le plus misogyne des hommes est gêné, presque blessé, par tant de hargneuse mesquinerie et voudrait simplement dire : « Stop ! Arrête-toi s’il te plait… Ne sois pas autant comme je pense que vous êtes. »
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06.02.2009
Amis
Evoquer l’amitié est sans aucun doute plus délicat et complexe que parler d’amour. Parce que l’amitié est un sentiment plus profond, plus complet, plus désintéressé surtout.
Parlez d’amour et votre propos finira immanquablement par être pollué d’effluves spermiques que tous les déodorants à l’eau de rose du monde ne parviendront pas à dissiper.
L’amour est le nom glorieux que l’on donne à la peur de crever seul et de trop se branler.
L’amitié, elle, est un don de soi dont l’intensité n’est pas liée au coefficient de remplissage des testicules, ce qui en limite les aléas.
Cela ne signifie pas, bien sûr, que l’amitié offerte n’exige rien en retour, mais elle ne réclame que l’honnêteté, ce dont d’ordinaire tout le monde se contrefout.
De votre femme vous ne souhaitez pas l’honnêteté mais au contraire l’aveuglement passionné et l’admiration.
Mais de votre ami vous désirez la compréhension, la complicité et le pardon, qui ont pour impérieux préalable la connaissance de vos qualités et de vos nitescences mais aussi de vos failles et de vos souillures.
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05.02.2009
150 millions de connards
15:42 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



