31.05.2009
Alibi
Ce qui me qui me gène le plus dans la fornication interneto-egotico-livresque tenant lieu d'intellectualisme contemporain c'est son caractère finalement bassement utilitaire.
Ainsi on ne mobilise plus les grands auteurs que pour expliquer et sublimer le vulgaire et le bas... le banal et le facile... les démissions et les retraites.
On retient de Bloy son mépris vitupérant du catholicisime social et de ses tartufferies, pas ses messes quotidiennes et ses mortifications.
On en appelle à Bernanos pour glorifier le rejet d'un militantisme qu'on a même pas eu la décence d'expérimenter.
On travestit Barbey pour draper d'aristocratisme le vice quotidien.
On suspend aux sacoches des Hussards sa dliection pour le confort, le luxe et le clinquant.
On régurgite du papier à la tonne pour appeler "distance" et "subtil détachement" ce qui n'est que passivité et couardise.
Ce qui m'accable chez les apprentis intellectuels du moment, c'est le fait que leurs théories viennent systématiquement justifier leurs goûts et leurs instincts.
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27.05.2009
Amico mio

06:59 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
25.05.2009
Etrange
Il est curieux de voir des milieux n'ayant de cesse que de dénoncer les modes et les conformismes produire des archétypes avec un remarquable et presque parfait systématisme.
Ainsi peut-on se demander pourquoi les jeunes femmes dites "réacs" ou "fafisantes" ressemblent immanquablement à des chauves-souris, tantôt dépresives, tantôt rendues hystériques par des lumières qu'elles prétendent abhorrer.
Plus largement et plus profondément, on pourrait bien sûr également s'interroger sur le fait que la partie qui devrait logiquement être la plus saine de la population, est 9 fosi sur 10 la plus malade et la plus corrompue. Mais ceci est une autre histoire.
17:53 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16.05.2009
Conversation philosophique
- « Tu fumes des Gauloises brunes maintenant ? »
- « Oui. »
- « Pourquoi ? »
- « Ben pour rien… comme ça. »
- « C’est bizarre… »
- « Quoi donc ? »
- « Ben de fumer des gauloises brunes… »
- « C’est plutôt ton étonnement qui est bizarre. »
- « Bref, tu ne veux pas répondre. »
- « Répondre ? Tu te fous de moi ? »
- « C’est toi qui te fous de moi... On ne passe pas des Muratti aux Gauloises brunes sans raison ! »
- « Tu fais un sketch ? »
- « Ca me tue que tu ne veuilles rien me dire… »
- « Mais t’es cinglé ou quoi ? »
- « Ha bien sûr ! C’est toi qui fume des Gauloises Brunes mais c’est moi qui suis cinglé ! »
- « Où sont les caméras ? »
- « C’est parce que tu es devenu souverainiste ? »
- « Pardon ? »
- « Ben oui… T’étais fasciste européen et tu fumais des Muratti, donc là, comme tu fumes des Gauloises brunes, je me dis que tu dois être devenu nationaliste souverainiste… »
- « T’es en train de te foutre de ma gueule ? »
- « Non mais c’est vrai… tu ne portes pas de jean’s car ce sont des symboles de l’impérialisme américain, tu te ruines en polos hors de prix pour avoir des lauriers sur le cœur, t’achètes uniquement des DVD chroniqués dans des fanzines de moins de 50 lecteurs, tu fais des croix sur les billets de banque contre l’entrée en Turquie dans l’union européenne, tu bois des White Russians en hommage à Dénikine… et tu voudrais me faire croire que tu fumes des gauloises brunes sans raison ?! Ca m’énerve ça, je te jure ! »
- « T’es un vrai malade mon pauvre… »
- « Hé ho, baisse d’un ton... je ne suis pas un de tes petits pédés du net moi. Si tu me parles mal, je t’explose ta tête d’intello à la con sur le comptoir… »
- « Ca vaudrait vraiment le coup en effet… »
- « T’as qu’à parler ! »
- « Bon, on va vraiment passer la soirée là-dessus ? »
- « Non. J’ai plus envie de dîner. Tu m’as coupé l’appétit avec tes secrets tabagiques. Je me tire. Tu me rappelleras quand tu seras un vrai ami. »
15:04 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12.05.2009
Renoncement
« On ne fait pas de grandes oeuvres avec de bons sentiments », « Les gens heureux n’ont pas d’histoires », « Le mal est fascinant, le bien ennuyeux. », «Les personnages de méchants sont plus riches et complexes que ceux de gentils »…
Ces axiomes quasi unanimement intégrés et régulièrement répétés pour justifier sa propre appétence pour le sordide, me semblent non seulement totalement erronés mais également presque criminels puisque offrant une caution « intellectuelle et artistique » au triomphe du vil, du laid et du bas qu’est notre post-modernité.
Pourtant il suffit de prendre en compte la « rareté » comme critère fondamental de l’intérêt et de la préciosité pour parvenir à inverser ces assertions.
Ce sont les destins exceptionnels, les parcours audacieux et originaux, les tentatives risquées, les existences exigeantes, les paris qui semblent démentiels, les ruptures avec les codes imposés et les personnages iconoclastes qui font le sel et le sens de la vie et, par là, des œuvres qui l’illustrent et l’expliquent.
Or force est de constater qu’aujourd’hui, s’il y a pléthore dans le caniveau, on compte par contre les personnalités lumineuses sur les doigts d’une moitié de main.
Le sous terrain est encombré. Ceux qui aspirent à s’en extirper, bien rares
Quoi de plus banal, en effet, de plus commun, de plus partagé, de plus « plébéien » désormais que le malheur, la déprime, la déréliction, la perversion sexuelle, l’infidélité, la déréliction, la mythomanie, la drogue, l’ennui, la débauche ?
Internet et les voyages low-cost ont assassiné l’aristocratisme altier des obsessions Matzneffiennes, les clubs sado-maso aux patrons à gros bides invités par Dechavanne sur TF1 ont enterré l’œuvre Sadienne, le Pacs et Bertrand Delanoë ont fini de ridiculiser les vélléités révolutionnaires de l’homosexualité…
Nous sommes au temps du totalitarisme institutionnel de la déviance, du mensonge et de la perversion.
Or une œuvre d’art ou littéraire, profondément anti-totalitaire dans son essence car portant au questionnement, ne peut, si elle est sincère, qu’avoir l’ambition de rompre avec cet état de fait (sinon il suffit de jouir de l’époque et nul besoin de livres ou de tableaux pour cela).
Ce n’est donc pas la « matière » qui pose problème (« bien ou mal », « sublime ou glauque », « laideur ou beauté », « élévation ou bassesse », « volonté ou aboulie »…) mais bien le courage et le talent pour la traiter.
Si l’on se plaît tant à affirmer que « l’on ne fait pas de grandes œuvres avec de bons sentiments » c’est sans doute avant tout - sans parler du public acquis que l’on flatte en célébrant ses turpitudes (même en feignant de les dénoncer)- parce qu’il faut beaucoup plus de finesse, d’originalité, de travail, de profondeur et de sensibilité pour évoquer le Bien que pour décrire le Mal, pour célébrer la pudeur que pour relayer l’exhibitionnisme, pour raconter la fidélité que pour disséquer l’adultère…
18:33 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Au théâtre ce soir
A d’autres époques ou, peut-être, sous d’autres latitudes, ces larmes et ces sanglots reniflants auraient pu être touchants, émouvants même. Ils auraient pu en tout cas serrer suffisamment le cœur et l’âme pour empêcher le regard de se poser lourdement sur l’horloge du café dans l’attente agacée de la fin du débordement lacrymal.
Car ce genre de démonstration tragico-gesticulatoire ne peut désormais plus être que simplement écoeurant.
Ecoeurant quand on connaît la rapidité d’oubli des femmes et le temps moyen de remplacement des amants et de renouvellement des idylles, quand on sait l’insignifiance et la virtualité de ces mots déjà si souvent prononcés, quand on voit dans la moue de souffrance en face de soi les prémisses de la grimace de jouissance qui éclairera dans trois semaines ou un mois au pire le visage de l'éplorée sous les coups de butoir d’un nouveau crétin, le 15e ou 20e du genre.
C’est ainsi. On le sait et n’y peut rien. On demande juste alors un peu de décence et de discrétion dans la mise en scène.
17:58 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08.05.2009
Broloque fatiguée
Je trouve Nimier sans intérêt, essoufflé, convenu, poseur, dégoulinant de bourgeoisisme décadent, bref beigbédéien avant l’heure.
Je crains que cela me vaille un bûcher supplémentaire, celui-ci préparé par certains de mes amis.
22:45 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Obsession
Les femmes, ou ce qui en tient lieu en 2009, sont persuadées que le sexe est le levier absolu pour contrôler, et donc manipuler, les hommes .
Elles n’ont évidemment pas tort. Disons qu’à 98 pour cent, elles ont même totalement raison.
L’honneur, la dignité, l’orgueil, les engagements d’un occidental se négocie aujourd’hui assez facilement contre une petite pipe (ou même l’hypothétique virtualité de l’éventuelle possibilité (ouf !) de celle-ci). Il suffit pour s’en convaincre de contempler le fonctionnement, par exemple, de la blogosphère.
Cette certitude est partagée par l’ensemble de la communauté femelle et ne se décline qu’à l’aune d’une différence de degrés et de formes entre la lolita permanentée en BTS-coiffure à Amiens et la Marie-Bénédicte en licence de théologie à la catho. Dans tous les cas, c’est la conviction, d’une part, que les pires vilenies, trahisons, mensonges, indifférences, rejets, médisances peuvent être rachetés à vil prix par une fesse complaisante et que, d’autre part, seule l’image de la « salope » (affichée ou, mieux encore, cachée et « torturée »…) fascine vraiment la faune masculine.
Ainsi telle jeune fille bien sous tous rapports dénonçant vertement cette affreuse consoeur faisant de « l’exhibitionnisme sexuel » sur son blog, déclarera-t-elle au détour d’une conversation : « Moi aussi je suce, y’a pas de quoi écrire des pages et des pages… « . Telle autre dira systématiquement « amant » et non « fiancé », « ami » , « amoureux » ou « copain » pour parler de son compagnon passé ou du moment afin de bien introduire la dimension sexuelle dans la relation qu’elle évoque. Telle autre encore, mariée et mère de famille, laissera « par inadvertance » le statut «célibataire » sur ses différents profils internetesques. Telle dernière enfin , grande catholique autoproclamée, postera, entre deux évocations de Saints martyrs et trois citations de Léon Bloy ou Simone Weil, des photos de ses pieds ou de son oreille, sans doute pour le grand intérêt artistique de ces clichés.
Toutes affirmeront qu’il s’agit là de détails sans importance auxquels seul un esprit malade peut rattacher la moindre signification.
Sans doute.
20:51 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05.05.2009
Torturé
Des gens qui se disent (et se pensent) torturés, on en croise à peu près 20 par jour. Des gens qui le sont vraiment, je n’en ai connu que deux et ni l’un ni l’autre n’a atteint l’âge de 30 ans.
En réalité, on appelle aujourd’hui « être torturé » ce grand écart permanent entre ses aspirations affichées et sa manière de vivre, ses déclarations et ses actes, ses postures et son quotidien vécu.
L’écolo qui ne fait pas le tri sélectif et prend 10 fois l’avion par an est « torturé », la catholique infidèle ou nymphomane est « torturée », l’anti-libéral bossant pour une multinationale de marketing est « torturé », le gauchiste accroc aux marques est « torturé », la féministe assoiffée de machisme méditerranéen et de grosses bites noires est « torturée », le socialiste payant l’ISF est « torturé »…
Bref , « être torturé » est le nom de la petite pointe de dégoût qui nous saisit à la gorge, généralement fort tard dans la nuit et après quelques verres, lorsque nous mettons en perspective notre existence et ce que nous voudrions, parfois presque sincèrement, être. C’est l’ombre de mauvaise conscience qui ternit parfois nos plaisirs en nous faisant prendre conscience de la facilité jouissive avec laquelle nous nous soumettons à nos instincts baignés des miasmes crapoteux de l’air du temps. C’est l’écoeurement qui nous envahit face notre prétention à être différent de la masse tout en vivant rigoureusement comme les autres, parfois même pire.
Pourtant, il ne serait de nos jours guère difficile de s’extraire de plusieurs têtes au dessus de la boue.
Cela fait bien longtemps que l’on a cessé d’espérer des chevaliers, de réclamer des héros ou d’attendre des Saints. On ose à peine demander des honnêtes hommes.
Il suffirait donc de ne pas faire profession de mensonge, de trahison et de diffamation pour s’extirper du cloaque ambiant et le dominer de très haut.
Mais il semble que ce soit déjà beaucoup trop demander à l’époque.
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04.05.2009
Marketing
Brian Molko, le chanteur théâtralement androgyne du groupe « Placebo », a porté plainte contre un tabloïd ayant diffusé des photos de lui le montrant en train de promener son bébé en poussette.
Motif de la procédure judiciaire : atteinte à son image de marginal.
Dernier grand crime de la post-modernité : avoir l’air normal.
Pas bon pour le bizness ça coco !
17:18 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


