30.09.2009
Action immobile
Jusqu’a présent, son café de 10 heures était pour François un petit plaisir solitaire et égoïste, narcissiquement centré sur lui-même et sur les quelques minutes qu’il lui permettait d’arracher à la lente lobotomie du cliquetis frénétique des claviers d’ordinateurs.
Mais depuis ce matin, en avalant ses 8 cl d’arabica fumant, il sauvait la planète et assurait l’avenir radieux des enfants qu’il n’avait pas. En une pression d’index, il était devenu « durable, équitable et solidaire ». Rien que ça. Le tout sans augmentation de prix.
Vraiment merveilleux.
Le distributeur était dorénavant orné d’une large photo sur laquelle deux moustachus à chapeaux souriaient immensément en pointant du doigt les plans de l’école qu’allaient bientôt leur permettre de construire les 2 centimes d’euro supplémentaires par kilo de café produit généreusement accordés par Monsieur Havelaar. Pour le moment, il n’y avait que les plans, pour le reste, on en verrait sans doute plus dans le prochain « Point info Café écolo » promis en bas de l’image imprimée sur du papier recyclé.
Fermant les yeux au moment de plonger ses lèvres dans le liquide brûlant contenu dans le gobelet en plastique, François pouvait presque entendre les cris de liesse des paysans sud-américains le remerciant pour son engagement citoyen.
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29.09.2009
Halde, Hortefeux, méchants gendarmes, RESF, cercles du silence, discrimination positive, "jungle" de Calais, Préfet de Langlade, "Welcome"...
Courrier d'une "lectrice" du tract publicataire quotidien "Metro":
"[...] Le racisme devient, comme le sida, un "mal ordinaire" dont on ne parle jamais. [...]"
Peuple de tarés.
19:15 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
28.09.2009
Entendu
- "Les heures les plus sombres de Vichy..."
"Vichy" représentant déjà "les heures les plus sombres de notre histoire", on ne devait vraiment pas y voir davantage que dans le cul d'un n....
Le problème d'une telle absolue obscurité, c'est qu'elle finirait presque par partiellement expliquer les égarements et les aveuglements de certains.
10:49 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27.09.2009
De la colère et du vent
- « Tu refuses de débattre ? »
- « Oui, tout à fait. »
- « Pourquoi ? »
- « Parce que cela ne sert strictement à rien.»
- « Débattre ne sert à rien ? »
- « Non… enfin pas tout à fait...… cela sert plus ou moins efficacement à meubler l’ennui de gens qui ne font plus rien parce qu’ils ont décidé que tout était voué à l’échec. Alors ils parlent, ils débattent… Médiocrement souvent, brillamment parfois, mais cela revient au même. Ils débattent à la machine à café, au restaurant, au téléphone, sur msn, sur des blogs... L’immense diarrhée dialectique se répand partout… On lit les commentaires d’un article avant même de lire l’article lui-même, histoire de trouver rapidement le crétin à qui on va pouvoir montrer à quel point on est plus cultivé et plus intelligent que lui. Par contre, on ne lit plus de livres car il est impossible de « débattre » avec leurs auteurs, de leur expliquer ce qu’ils auraient plutôt dû dire et comment ils auraient dû le faire. Même la télé commence à être délaissée au profit des médias « interactifs », parce qu’insulter Pujadas ou Field c’est marrant deux minutes mais on n’est pas sûr qu’ils entendent bien notre si précieuse opinion… »
- « Bha, dis plutôt que tu as peur de la confrontation, que tu crains de perdre la face… »
- « Ben disons que si mon interlocuteur est plus beau, plus drôle, plus clair que moi, il est fort probable que je « perde » le débat, c’est à dire que je m’impose moins que lui aux yeux et aux oreilles des quelques oisifs réunis pour nous écouter… Est-ce que cela voudra dire qu’il a raison et que j’ai tort, ou inversement ? Je ne crois pas. »
- « Mais le débat, ça fait avancer les choses… »
- « Quelles choses ? Et avancer vers où ? »
- « Ben je sais pas… ça permet de construire… »
- « Le débat c’est du spectacle. Le spectacle ça ne construit rien. Ca permet surtout de noyer la décision, de suppléer l’acte. »
- « Tu exagères… »
- « J’exagère ? 25 pages de « débats » sur la chasteté entre des interlocuteurs dont pas un ne l’est, qu’est ce que j’en ai à foutre ? 10 heures de discussion sur les « véritables règles de la liturgie catholique » avec des gens qui ne parviennent déjà pas à respecter les 10 commandements au quotidien, quel putain d’intérêt ça peut bien avoir ? 8 dîners à évoquer la figure du « héros chez Jünger » avec des mecs qui n’ont jamais mis une claque à un malotru ou un insulteur, c’est quoi sinon du mauvais théâtre ? Et les millions de commentaires postés sur la bonne façon de faire la révolution ou de changer le monde par des mecs qui n’ont jamais payé une cotise ou coller une affiche, ça ressemble à quoi, ça « amène » où? Et les exégèses aussi contradictoires qu’infinies de Bernanos, Bloy et Péguy par des peignes cul de sciences-po ou d’Assas vivant dans les appartements du 8e payés par papa/maman, c’est quoi ?
C’est de la mousse ! Cette mousse surabondante et dégueulasse qui finit toujours par se former à la surface des eaux immobiles et stagnantes ».
- « Allez du calme... Tu veux tes cachets ? »
- « Très drôle... Paye plutôt ta tournée… »
- « C'est-à-dire, que j’avais pas prévu… Disons Sophie m’a demandé de faire des courses, après je ne suis pas sûr d’avoir assez... »
- « Ha ben, tu devrais organiser un débat sur « La générosité communautaire face à l’atomisation marchande ».
17:09 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Compte épargne temps
L’un des (nombreux) avantages de l’alcool est qu’il permet de formidables raccourcis.
Ainsi, par exemple, grâce à quelques verres de vodka, vous pouvez parler aux jeunes filles avec autant d’indifférente franchise, déjà teintée d’ennui agacé, que si vous veniez de jouir en elles.
Outre le considérable gain de temps, et accessoirement d’argent, la dignité y trouve également largement son compte.
Certains affirment que la masturbation permet d’obtenir un résultat quasi identique et sensiblement moins néfaste pour la santé, c’est possible mais cela reste tout de même, malgré l'heureux recul de la pudibonderie catholico-bourgeoise, une activité plus difficile à assumer en public.
13:26 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
23.09.2009
rouge
Souvent, le champ de vision de François était envahi de lueurs rouges.
Ce rouge était la couleur qui s’imposait le plus fréquemment à lui. Soudainement, elle l’angoissait comme un flot de sang reçu en plein visage. Mais il s’apaisait bientôt en observant ses poignets encore intacts. D’autres fois le rouge prenait la forme d’un immense drapeau, qui aurait sans doute mérité d’être porté par d’autres mains. Et à nouveau le sang, merveilleux celui là, offert chaque dimanche à un peuple parricide. Puis encore le rouge au front que nous devrions tous porter, puis celui au fond d’un drap qui scelle la fin de l’enfance et enfin celui qui finit par maculer le visage de ceux qui ne parviendont jamais à faire le deuil de ce temps du rêve et de l’innocence.
12:39 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22.09.2009
La nullité du Mal
On devrait y être habitué. Pourtant, il est toujours surprenant de constater à quel point les gens sont méchants. Oh, pas une méchanceté rugissante et vociférante, pas la méchanceté flamboyante, proclamée et assumée, des artistes de la cruauté ! Non, la petite méchanceté ordinaire, quotidienne, mesquine, étriquée, ricanante, le sadisme façon Modem, la petite saleté du coin du bureau, le crachotis de venin à la machine à café…
A croire que la cohorte ataraxique des abonnés à Canal satellite ne trouve plus de preuve de son existence que dans sa capacité à griffer la sensibilité d’autrui.
Pas un qui laissera passer l’occasion d’un bon mot blessant s’il peut faire sourire une idiote, pas une qui s’abstiendra de poser d’un air bonace la question qu’elle sait embarrassante, personne qui manquera d’évoquer à intervalles réguliers le complexe découvert de « l’ami » à qui il est bon de rappeler parfois la hiérarchie de la relation…
D’ailleurs l’époque porte sa méchanceté sur son visage, sur ses faciès toujours fermés, immédiatement excédés, sur ses bouches pincées, prêtes à japper, ses moues perpétuellement agacéesd’inutiles ratiocinateurs mystérieusement sans cesse épuisés. Piteuse galerie de gargouilles de sable, modelées au grès de l’air du temps mais toujours sinistres.
Il n’est de plus grande réserve de haine que l’orgueil des médiocres.
L’époque peut bien vertueusement pleurnicher sur « les heures les plus sombres », elle fournirait en nombre incalculable à tout nouveau totalitarisme les plus abjects kapos que l’histoire ait portés.
Elle les fournit déjà d’ailleurs…
09:40 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
21.09.2009
Techno Parade
Je ne suis pas toujours, loin s’en faut, un bon chrétien.
C’est notre lot à presque tous, me direz-vous. C’est vrai, mais il est des moments où je ressens avec une particulière acuité les failles de mon engagement, notamment celles de mes devoirs de pardon et de charité.
Ainsi je ne peux nier le plaisir hargneux et malsain ressenti à la vue de ces « petits blancs » (qui n’ont jamais autant mérité l’adjectif), mi tapettes dégénérées mi bobos satisfaits, se prenant en pleine gueule la merveilleuse « mixité » qu’ils étaient venus célébrer place de la Bastille.
Le spectacle de ces crétins pontifiants, toujours une leçon de morale citoyenne à la bouche, se faisant courser et molester par des bandes de gouapes à capuches issues de ces « minorités » qu’ils chérissent plus qu’eux-mêmes (ce qui n’est pas très difficile étant donné le mépris qu’ils nourrissent envers tout ce qu’ils sont, de leur histoire à leur culture en passant par leur peau) provoque en moi une sombre jouissance, que je combats et dont je demanderais pardon, mais qu’il m’est impossible de réfuter.
Cette joie térébrante est le fruit de l’image de justice (qu’il serait sacrilège d’affirmer immanente) que j’entrevois dans ces agressions et ces fuites brenneuses.
L’impunité de la bêtise, de la couardise, du conformisme bienheureux et de la veulerie irresponsable a, rarement mais parfois, des limites.
Contrairement à certains de mes camarades, je ne crois nullement à la vertu prophylactique de ce genre d’événements. Je suis au contraire persuadé que ces nouvelles –et perpétuelles- victimes ne changeront pas un iota de leur discours ethno-masochiste ni de leur vision du monde de bisounours criminels par passivité festive.
Tout comme les profs insultés ou la petite merde de sciences-po humiliée dans le bus de nuit, ils resteront les éternels soliveaux béats d’une société où le réel est devenu secondaire.
Parce que, d’une part, ils aiment ça, et que, d’autre part, ils sont désormais totalement dépourvus du minimum d’énergie vitale nécessaire à une quelconque réaction.
Ils ont franchi depuis longtemps le point de non-retour. Admettre aujourd’hui qu’ils se sont, même partiellement, trompés entraînerait une remise en cause beaucoup trop radicale et violente pour leurs misérables forces.
Ils crèveront donc sous les coups et les crachats qu’ils ont appelés de leurs vœux.
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Rembarre!
09:25 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.09.2009
"Les tribus" ou "Halloween tous les soirs pour 15 euros l'entrée"
10:12 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



