26.11.2009

Nouveaux monstres

François avait senti naître les plus grandes, et les plus légitimes, craintes quant à la tranquillité de son week-end familial lorsque, au bout du fil, son beau frère lui avait annoncé d’une voix enjouée :

-         « Tu vas voir comme ton neveu a changé ! Il développe une belle personnalité… »

 

« Une belle personnalité »… François savait pertinemment ce que recouvrait une telle ridicule expression appliquée à un enfant de 2 ans. Un peu comme ces jeunes femmes qui pensent qu’être une salope se dit « avoir un caractère fort et complexe », l’expression annonçait un gosse capricieux, colérique et incontrôlable devant lequel il faudrait s’esbaudir pour ne pas risquer de compromettre le « projet éducatif » de parents aux yeux creusés et aux traits tirés par le grand bonheur d’accompagner le « développement » d’une si belle personnalité.

 

François devait donc maintenant trouver une habile justification pour annuler sa venue.

16.11.2009

Le syndrome statistique

L’abyssale médiocrité des prétentieux se mesure assez bien dans cette recherche effrénée de l’approbation  et de la confirmation par la « masse » -qu’ils sont pourtant sensés mépriser- des insignes qualités qu’ils s’attribuent.

 

Je suis belle « parce que » 350 blaireaux veulent me sauter et m’abreuvent de courriels à sous-entendus copulatoires.

 

J’écris avec talent « parce que » 500 semi illettrés me lisent quotidiennement.

 

Je suis « rebelle » parce quelques dizaines de geeks mongoloïdes m’accablent de menaces et d’injures.

 

Mes analyses sont pertinentes « parce qu’elles » sont reprises sur dix blogs qui ne savent pas comment meubler leurs mises à jour.

 

Je suis non-conformiste « parce que » j’écris chaque jour de longs billets dénonçant avec ironie et finesse les mécanismes et les représentations du « politiquement correct » contre lequel je ne me suis jamais concrètement engagé dans la vie réelle.

 

Je suis sulfureuse « parce que », entre deux considérations hautement philosophiques, la photo semi floutée de ma cuisse gauche suscite l’émoi baveux d’une armée de puceaux et de frustrés.

 

Je suis admiré « parce que » je suis référencé sur 120 sites entre « Petit lapin bleuté » et « Réflexions génocidaires sur le monde qu’est trop pourri ».

 

Je suis quelqu’un « parce que » je génère des « clics ».

 

Et ça c’est cool.

 

 

10.11.2009

Bouffarde

-         « Tu fumes la pipe maintenant ? »

-         « J’essaye. »

-         «Ha oui, je comprends. En fait, chez toi, la tabagie est une sorte de quête identitaire… »

-         « Voilà, c’est ça. »

-         « Ca te fait une drôle de tête… »

-         « Plus que d’habitude ? »

-         « Un autre genre… Et c’est quoi comme tabac ? »

-         « De l’Amsterdamer. »

-         « C’est pas un truc d’ado ça ? »

-         « C’est sûr que c’est pas aussi viril que les marlboro light… »

-         « Marlboro doré ! »

-         « Encore mieux. »

30.10.2009

Le chemin

95 pour cent des gens qui s'affirment catholiques ne le sont pas. Au début on s'en étonne, mais finalement c'est assez logique car s'ils l'étaient vraiment, les autres s'en rendraient compte sans qu'ils aient besoin d'en faire la publicité.

 

 

14.09.2009

Il ne faut pas sauver le soldat Hortefeux

Que Brice, notre sémillant ministre à physique d’aryen couperosé, soit victime d’une tentative de lynchage totalement hystérique et disproportionnée, chacun en conviendra.

De là à ce qu’il faille prendre sa défense, il y a un pas que beaucoup franchissent un peu hâtivement.

Brice a en effet été un ministre de l’immigration aussi calamiteux que ses prédécesseurs et n’a jamais eu de cesse que de donner des gages au lobby des obsessionnels d’un « antiracisme » qui veut transformer la France (ou en tout cas ce qu’il en reste) en une vaste société de délation et de surveillance généralisée.

Il est aujourd’hui victime du système qu’il a cautionné et entretenu, ce n’est finalement que bonne justice.

On ne me fera pas verser le début d’une demi larme sur le sort d’un préfet ou d’un ministre, ces satrapes au petits pieds, ventripotants et luisants de graisse à force d’être trop nourris, qui ont cru pouvoir servir sciemment un régime inepte, absurde et injuste sans jamais en subir la moindre conséquence.

J’espère au contraire très sincèrement que les gauchistes de tous poils obtiendront une à une les têtes de leurs anciens complices, ces dangereux « idiots utiles » dits « de droite ».

 

 

21.07.2009

Les mots de l'amour

- "Tu me remplis bien..."

23.06.2009

Bande de tarés

"Afin de rendre cette soirée encore un peu plus excitante, nous avons décidé d'instaurer un thème. Le thème est assez simple: Venez habillés dans les tons Rose ou Violet. La gamme de couleurs est assez large, cela peut aller du Mauve au Rouge rosé. Soyez créatifs!"

05.05.2009

Torturé

Des gens qui se disent (et se pensent) torturés, on en croise à peu près 20 par jour. Des gens qui le sont vraiment, je n’en ai connu que deux et ni l’un ni l’autre n’a atteint l’âge de 30 ans.

En réalité, on appelle aujourd’hui « être torturé » ce grand écart permanent entre ses aspirations affichées et sa manière de vivre, ses déclarations et ses actes, ses postures et son quotidien vécu.

L’écolo qui ne fait pas le tri sélectif et prend 10 fois l’avion par an est « torturé », la catholique infidèle ou nymphomane est « torturée », l’anti-libéral bossant pour une multinationale de marketing est « torturé », le gauchiste accroc aux marques est « torturé », la féministe  assoiffée de machisme méditerranéen et de grosses bites noires est « torturée », le socialiste payant l’ISF est « torturé »…

Bref ,  « être torturé » est le nom de la petite pointe de dégoût qui nous saisit à la gorge, généralement fort tard dans la nuit et après quelques verres, lorsque nous mettons en perspective notre existence et ce que nous voudrions, parfois presque sincèrement, être. C’est l’ombre de mauvaise conscience qui ternit parfois nos plaisirs en nous faisant prendre conscience de la facilité jouissive avec laquelle nous nous soumettons à nos instincts baignés des miasmes crapoteux de l’air du temps. C’est l’écoeurement qui nous envahit face notre prétention à être différent de la masse tout en vivant rigoureusement comme les autres, parfois même pire.

Pourtant, il ne serait de nos jours guère difficile de s’extraire de plusieurs têtes au dessus de la boue.

Cela fait bien longtemps que l’on a cessé d’espérer des chevaliers, de réclamer des héros ou d’attendre des Saints. On ose à peine demander des honnêtes hommes.

Il suffirait donc de ne pas faire profession de mensonge, de trahison et de diffamation pour s’extirper du cloaque ambiant et le dominer de très haut.

Mais il semble que ce soit déjà beaucoup trop demander à l’époque.

02.05.2009

Lutte intermédiaire

L’instant où les femmes sont le moins féministes est celui où le serveur apporte l’addition. Il n’y a que si on leur fait maladroitement ou lourdement remarquer qu’elles sont donc « invitées » que leur conscience militante reprend vigoureusement le dessus et qu’elles exigent alors de « partager » (rarement de régler l’intégralité de la note).

Hormis ces cas de balourdise ou de goujaterie, elles semblent trouver tout à fait normal que leur aimable conversation composée d’anecdotes de bureau, de ragots divers mêlés de petites flèches adressées à la nouvelle copine de leur ex et de récits de vacances à Bali, soit rémunérée.

 

 

29.04.2009

Vivement le week-end

Dénoncer, ou même simplement décrire (c’est bien suffisant…), la morne abjection d’une société qui a transformé ses jeunes filles en apprenties porno-stars qui vont chaque fin de semaine, avec la régularité d’OS se rendant à l’atelier ou à l’usine, tapiner en boîte de nuit au prétexte de « s’éclater », vous fait aisément passer pour un puritain ou un frustré, voire les deux.

 

Pourtant, ce n’est nullement le goût de la chair qui est en cause ici. Si ces épouvantails peinturlurés, haridelles épuisées à 20 ans à peine, aimaient simplement le don joyeux qu’est le sexe, il faudrait en effet être bien desséché pour leur en faire le reproche.

Mais nulle trace de don ni de joie dans cette fastidieuse mécanique où tout est négocié et qui n’est que la conclusion obligatoire d’une itérative déréliction.

Ce n’est d’ailleurs qu’ivres d’alcool et de drogues qu’elles finissent dans les drapas crasseux d’un crétin quelconque qui aura réglé plus d’additions que son voisin ou dont le profil aperçu entre les vapeurs de fumées leur aura vaguement évoqué celui d’un histrion télévisuel.

Leurs coups de rein sont alors aussi hargneux que leurs achats compulsifs, leurs hululements téléphoniques ou leurs mesquineries de fac et de bureau, hargneux comme autant de revanches sur l’ennui, sur l’absence de perspectives d’existences bornées par une liberté abstraite dont elles ne savent que faire.

Ce pauvre shoot d’abandon et d’oubli, cette giclée hebdomadaire de sueur, de salive et de sperme, leur est indispensable pour donner un semblant de relief et d’intensité à leur quotidien étroit, égoïste et idiot, tout entier soumis à l’aliénation volontaire du salariat urbain et de ses grimaces sociales.

Car elles s’ennuient à longueur de semaines, comme c’est peu imaginable, dans ces formidables « jobs » et autres « études » sensés les avoir merveilleusement « libérées » et dont 98 pour cent sont inutiles, imbéciles et ineptes.

 

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